Une réflexion philosophique sur le concept de « liberté »

Une réflexion philosophique sur le concept de « liberté »

Une réflexion philosophique sur le concept de « liberté »

/ Tribune Libre / Thursday, 01 April 2021 13:57
Par Jean Paul HABIMANA

Rousseau  disait : « Renoncer à sa liberté, cest renoncer à sa qualité dhomme, aux droits de lhumanité, même à ses devoirs. Il ny a nul dédommagement possible à quiconque renonce à tout. »

La liberté est dabord une notion métaphysique : lhomme est-il libre ou déterminé par des contraintes quil ne maîtrise pas ? Sil est la cause première de ses choix, on dit quil possède un libre-arbitre. Cependant, un tel pouvoir est difficilement démontable. Cest ensuite une notion morale.

Le concept de « liberté » a retenu l’attention de plusieurs philosophes. Nous allons nous intéresser sur la réflexion philosophique de cette notion, développée par certains philosophes. 

Kant explique que la liberté, ne pouvant être libre peut choisir entre le Bien et le Mal : pour devoir, il faut dabord pouvoir. Réciproquement, selon Kant, seul un être moral peut être libre : liberté est alors synonyme dautonomie. A contrario, celui qui veut jouir sans contrainte morale est appelé libertin. Cest enfin une notion politique. On oppose le citoyen libre à lesclave. Lorsque lÉtat exerce peu de contraintes sur lindividu, on parle dun état libéral. Si lindividu estime que les lois sont trop contraignantes et tuent sa liberté, il lui arrive de contester lÉtat sous toutes ses formes. Un tel individu est dit libertaire ou anarchiste.

Quant à Montesquieu, il théorise la liberté sur le plan politique, comme l’obéissance aux lois : « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent, et non pas de faire ce que l’on veut ».

Ensuite, Spinoza conteste lidée que lhomme posséderait le pouvoir en échappant aux lois de la nature : lhomme nest pas « un empire dans un empire », il na pas de « libre-arbitre », sa liberté réside dans la connaissance de la nécessité, dans laccès aux idées adéquates par rapport au monde. Est libre celui qui agit conformément à sa nature. Notre puissance dagir, élevée à son maximum  réglée, donc, par la raison  est ce qui constitue notre liberté. 

Enfin, nous pouvons citer Sartre et sa pensée existentialiste : « lhomme est condamné à être libre ». Il ne peut pas choisir : refuser de choisir, cest choisir de ne pas choisir. Seul être pour qui « lexistence précède lessence », lhomme nest pas donc ce que ce quil se fait être : il est produit de ses choix. Certes, compagnon de route de marxisme, Sartre ne nie pas que lhomme subit de fortes déterminations historiques, quil naît « en situation », mais il estime que chaque homme peut toujours sarracher à la situation quil na pas choisie.

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