Des cacahuètes pour survivre : le quotidien des jeunes vendeurs burundais au Kenya

Des cacahuètes pour survivre : le quotidien des jeunes vendeurs burundais au Kenya

Des cacahuètes pour survivre : le quotidien des jeunes vendeurs burundais au Kenya

/ SOCIETE / Tuesday, 13 January 2026 19:29

A chaque coin de rue de Nairobi, l’odeur irrésistible d’ikaranga, ces cacahuètes grillées prisés par tous, attirent les passants. Ce que beaucoup ignorent, c’est que derrière ces petits sachets vendus à la volée, se cache une génération de jeunes burundais déterminés à changer leur destinée.

Parmi ces jeunes qui aspirent à un lendemain meilleur, Jean-Claude N., 24 ans. Il est arrivé du Burundi, il y a deux ans. Sans diplôme, ni papiers de résidence , il a trouvé dans la vente d’ikaranga un moyen digne pour subvenir à ses besoins. « Je me réveille chaque jour à 5h pour préparer mes arachides.  Je parcours environ 10 kilomètres à pied afin de trouver les bons clients », a-t-il témoigné, le sourire aux lèvres, la fatigue au visage et les mains portant les stigmates du feu qu’il côtoie chaque jour.

Comme Jean-Claude N., le commerce d’ikaranga est devenu pour beaucoup de burundais, une porte d’entrée dans la micro-économie urbaine du Kenya. Le moins que l’on puisse dire, c'est que ces jeunes sont souvent ignorés voire stigmatisés. Pourtant leur impact reste: ils nourrissent, ils résistent, ils espèrent.

Défis et espoir

Sans autorisation de commerce pour la plupart, ces jeunes vivent avec la peur au ventre d’être arrêtés ou chassés un jour. Ils gardent néanmoins la tête haute. « Je ne vole pas. Je travaille de mes dix doigts pour survivre et j’ai bon espoir qu’un jour, Dieu m’ouvrira grandement les portes », a confié Mireille, 20 ans, une autre vendeuse à Rongai.

Ces jeunes burundais ne cherchent pas la pitié, mais des opportunités pour booster leur commerce de cacahouètes grillés. Du reste, beaucoup rêvent de voir leur activité légaliser afin de louer de petits espaces. Une chose qui leur permettra, sans doute, à faire plus d’économie et même envoyer une partie au pays.

Loin de la mère patrie, ces jeunes Burundais allient courage et détermination en transformant les graines d’arachide en graines d’espoir. Une preuve de résilience qui nous rappellent que le courage ne se mesure pas à la grandeur du commerce, mais à la force du cœur.

Par Milly M. C. Ishimwe 

Journaliste pour l’Œil pour l’Humanité – Kenya

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